Un chemin en terre, Un chemin en tête

Un regard écologique du voyage

11 novembre 2019
de Olivia
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Le temps du retour

Dans un précédent post, le temps d’un voyage, j’interrogeais mon (notre) rapport au temps.

Il me semblait alors que le voyage m’avait permis de le mettre sur pause, l’espace d’une année (et on sait par Einstein combien les deux sont imbriqués, physiquement parlant).

J’avais lu il y a longtemps que nous avions l’impression qu’en vieillissant le temps s’accélérait comme si une année n’avait pas la même durée pour un enfant de 10 ans que pour une personne de 50 ans. Cela était dû au fait que notre échelle interne de temps était déterminée par le rapport au nombre de jours déjà vécus. Ainsi pour un bébé d’un an, une année représente le temps déjà vécu, mais à 10 ans, une année représente 1/10ème de sa vie, à 50 ans, 1/50ème, ce qui fait que cette même année nous apparaîtrait de plus en plus courte au fur et à mesure du nombre d’années vécues. J’avais trouvé ce rapport au temps assez convaincant et représentatif de mon propre ressenti des années au fur et à mesure de l’avancement de ma vie.

Lors de notre voyage, j’ai pensé qu’en me « mettant sur pause » avec ma famille pendant une année, le temps ralentirait, et c’est bien ce qui s’est passé. J’ai profondément savouré le fait de prendre mon temps, de ne pas courir tout le temps entre le travail et la vie de famille dans mon quotidien.

En revenant en France cependant, le rythme infernal a repris et je me suis mise en quête d’une autre façon de ralentir cette damnée roue de hamster dans laquelle je m’étais replongée si rapidement, à mon corps défendant.

J’avais souvent entendu cette citation « carpe diem » mais elle me semblait une aspiration difficile à atteindre. Je n’avais tout simplement pas le mode d’emploi et ne savais pas même qu’il puisse en exister un. Je pensais que certaines personnes étaient naturellement douées pour habiter leur moment présent et d’autres non. Il n’y avait donc rien à faire, je faisais clairement partie de la seconde catégorie.

C’est la pratique de la méditation dite de « pleine conscience » qui m’a fait découvrir que prendre la mesure du temps présent peut s’apprendre, tout comme n’importe quelle activité ou sport. Les enfants sont naturellement doués pour habiter le moment présent mais c’est une capacité que la plupart d’entre nous semble perdre en vieillissant.

Je reconnais qu’avant le voyage, la méditation avait pour moi quelque chose d’un peu étrange, pour ne pas dire religieux. C’est Christophe André, médecin, donc scientifique, par qui j’ai découvert, via les nombreux livres qu’il a écrit à ce sujet, la méditation, pratique tout à fait laïque et compatible avec mon esprit cartésien. C’est un entrainement, dont l’objet est d’une simplicité déconcertante, même si comme dans bien d’autres domaines, elle s’avère un peu plus ardue dans la pratique.

Comme le piano, dont on apprend vite où se trouvent les notes, ce n’est pourtant que l’entrainement régulier qui permet au fur et à mesure d’évoluer et de faire sortir de ses doigts une musique harmonieuse. Certains-es sont plus doué-es que d’autres, certain-es y consacrent plus de temps, mais cela reste à la portée de tout le monde de faire émerger sa propre musique et de progresser sur son chemin.

La méditation m’a donc fait découvrir que l’esprit a besoin d’entrainement pour ne pas s’engluer dans des pensées sans fin et ne pas perdre le recul nécessaire à la conscience de ma vie.

L’esprit nous amène bien souvent sans que nous en ayons même conscience, à être soit dans le passé, soit dans le futur ce qui nous coupe de ce fameux « moment présent », le seul qui existe finalement. La méditation nous permet de faire « un pas de côté » pour en prendre conscience.

Ainsi ce fameux « carpe diem » peut se cultiver grâce à un entrainement régulier et nous permettre de ralentir sérieusement cette spirale infernale du temps qui passe et semble nous engloutir.

La méditation me permet de découvrir un autre rapport au temps, une joie d’être simplement là, au bon endroit, dans le moment présent, plutôt que dans un passé révolu ou dans un futur qui n’existe pas encore. Elle m’aide à m’ancrer dans la réalité de ma vie, et à la vivre vraiment plutôt qu’aspirée par les méandres de mes pensées sans fin. Pas besoin de partir à l’autre bout du monde, la méditation est un puissant vecteur pour habiter le « ici et maintenant ».

Finalement combien sommes-nous sur notre planète à ne pas vivre « pleinement » le moment présent, tout absorbés que nous sommes dans nos ruminations intérieures multiples et répétitives ?

Proposition d’écoute : Christophe André : « La méditation est un détour par soi-même » – France Inter

Proposition de lecture : diter jour après jour

Olivia, 11 novembre 2019

6 octobre 2019
de Olivia
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Arriverons-nous à prendre la sortie +1,5°C ?

Je suis en train de lire le livre de Julien Dossier « Renaissance écologique, 24 chantiers pour le monde de demain » paru aux éditions « Domaine du possible chez Actes Sud ».

A la page 31, il utilise une image que je trouve très parlante :

« Nous sommes lancés à pleine vitesse (sur une autoroute) et n’avons pas freiné à temps pour prendre la sortie 1°C. Celle-ci est définitivement derrière nous, nous avons franchi ce seuil et ne pourrons y revenir avant des centaines, voire des milliers d’années. Nous avons devant nous une carte des prochaines sorties. Si nous réduisons suffisamment vite notre vitesse, nous pourrons prendre l’embranchement 1,5°C (…). Si nous manquons cet embranchement, la prochaine sortie sera à 2°C et nous risquons une embardée sur la bretelle de sortie, que nous aurons sans doute prise trop vite.

La carte s’arrête là.

Au-delà, l’autoroute n’est pas construite. Pour le moment elle mène dans le mur et un crash de civilisation est certain ».

A la page 29, pour expliquer l’urgence climatique il écrit :

« Les climatologues ont calculé que le seuil de 450ppm déclencherait un emballement climatique, avec une hausse de températures au delà de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. (…) nous nous rapprochons dangereusement de la limite, et à une vitesse de plus en plus élevée.

Notre rythme d’augmentation des émissions était de 1ppm/an en moyenne entre 1965 et 1974, tandis que nous ajoutons environ 4ppm/an depuis 2015.

Traduisons ces données à l’échelle de nos vies pour appréhender cet emballement. Ma « date de naissance carbone » en mai 1972 est 330ppm. Ma fille est née en octobre 2006 ou en 378ppm. Nous vivons actuellement en 409ppm. (…) Au rythme actuel, nous aurons dépassé le seuil de 450ppm en moins de 10 ans. Si on lisse les données sur une plus longue période, ce « budget carbone » nous donnerait encore 20 ans au rythme de 2ppm/an. Nous sommes la dernière génération qui peut interrompre l’emballement climatique »

Nota : ppm = « parties pour millions » ; 450ppm = 0,045% : il s’agit du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère, reconnu comme le plus important gaz à effet de serre (en quantité), responsable du réchauffement climatique actuel. En effet, l’atmosphère comporte plusieurs gaz ayant un impact sur l’effet de serre (comme le méthane, la vapeur d’eau, l’oxyde d’azote, etc.) Mais le CO2 est le plus important en volume dans l’atmosphère et c’est pourquoi il est pris comme référence pour marquer l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans notre atmosphère.

Nota 2 : je ne suis pas certaine du « 4ppm/an » actuel; il me semble qu’on est plutôt autour de 2ppm/an ; bon cela n’enlève en rien l’urgence actuelle très bien décrite je trouve par Julien Dossier pour la comprendre.

Un consensus de scientifiques nous alertent, via le GIEC ( https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/comprendre-giec) depuis 30 ans sur cette urgence climatique.

Le 13 novembre 2017, c’était plus de 15 000 scientifiques de 184 pays qui signaient un appel contre la dégradation catastrophique de l’environnement dans la revue « BioScience » relayé en France dans le Monde.

Pendant ce temps on assiste à un déferlement de haine de vieux messieurs français dont certains se disent philosophes (Michel Onfray, Luc Ferry, Pascal Bruckner, etc.) à l’encontre de Greta Thunberg, on reste sans voix face à tant de bêtise. Cela me fait penser au fait de tuer le messager porteur de mauvaise nouvelle. Cette jeune fille de 16 ans, ne dit en effet rien d’autre que « écoutez les scientifiques qui nous alertent et agissez en conséquence« .

Pour certain-es, il ne faut pas troubler le «  business as usual » ; que répondront-ils à leurs enfants et petits enfants qui leur poseront la question « qu’as-tu fait grand-père/grand-mère, quand il était encore temps de changer les choses pour nous éviter la planète dévastée dont on hérite? »

Et, vous-même que répondrez-vous à vos enfants, petits enfants quand ils vous poseront cette question-là ?

Olivia, écrit à Bron, le 6 octobre 2019, en écoutant le dernier album de Yann Tiersen « All »

Nota : de plus en plus de citoyen-nes n’attendent plus pour agir et alerter : https://reporterre.net/L-action-d-Extinction-Rebellion-a-eu-lieu-a-Paris-au-centre-commercial-Italie-2

25 mars 2019
de Olivia
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Le Sikkim, 1er état au monde « bio »

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/agriculture/isr-rse/video-le-sikkim-cet-etat-indien-ou-toutes-les-terres-agricoles-sont-bio-146807.html

7 février 2019
de Olivia
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Par delà les générations

23 janvier 2019
de Olivia
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Giono au Pakistan

« L’homme qui plantait des arbres« , ce très beau livre de Jean Giono, semble s’incarner dans ce projet incroyable de plantations au Pakistan où 1 milliard d’arbres ont été planté en 4 ans.

Il semblerait bien que, quand on veut on peut…

https://lareleveetlapeste.fr/le-pakistan-a-fait-pousser-plus-dun-milliard-darbres-en-quatre-ans/?utm_source=actus_lilo

24 novembre 2018
de Olivia
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Blackfriday

Une vidéo bien percutante sur notre société de consommation, par Greenpeace :

https://positivr.fr/greenpeace-blackfriday-video/?utm_source=actus_lilo

 

Une boutique en Thaïlande, 2017

Soyez le changement climatique

9 octobre 2018 de Olivia | 0 Commentaires

Bonjour à tous-tes,

Au cas où cela vous aurait échappé, le GIEC (un groupement de scientifiques du monde entier) vient de rendre aujourd’hui un rapport spécial (en plus de celui qu’ils réalisent tous les 5 ans). Et ce rapport ne fait que confirmer que l’humanité va droit dans le mur si elle continue à émettre du CO2 dans l’atmosphère, en bref, si elle continue à vivre comme si de rien n’était. Ce n’est pas une lubie d’écolo, c’est un consensus scientifique qui le dit.

Des blogueurs se sont rassemblés dans une vidéo pour parler d’une nouvelle plate-forme sur internet afin d’aider chacun-e à agir à son niveau et mieux comprendre ce qui se joue en ce moment-même.

La vidéo est ici (4 mm) : https://www.youtube.com/watch?v=SVPcRqdoAVg

et le site internet là : https://ilestencoretemps.fr/

Avec bientôt une application pour effectuer à son rythme son changement en 90 jours ; cf. vidéo de présentation (moins de 2 mm) : http://90jours.org/

Et voilà, y’a plus qu’à !! Partager et si tout le monde s’y met, on aura peut-être des chances de léguer à nos enfants et petits enfants une planète encore vivante et vivable.

PS : des marches pour le climat ce samedi 13 octobre prévues partout en France 

Olivia, 9 octobre 2018

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9 mai 2018
de Olivia
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L’économie symbiotique

Quand j’étais à l’INSA de Lyon, en mastère spécialisé de management environnemental, nous avons eu un cours passionnant de Suren Erkman sur la notion d’écologie industrielle.

Il s’agit de recréer, au sein de nos sociétés et plus particulièrement dans le domaine industriel, des cercles vertueux où les déchets des uns seraient, comme dans la nature, des ressources pour d’autres.

J’ai découvert il y a peu l’approche d’Isabelle Delannoy que je trouve très intéressante. Elle va plus loin dans ce concept en synthétisant différentes approches (dont celle d’écologie industrielle, mais aussi de permaculture, d’économie circulaire, d’économie de la fonctionnalité, etc.) sous le terme global « d’économie symbiotique » :

Conférence TEDx d’Isabelle Delannoy

Et pour celles et ceux qui sont intéressés, un podcast de Présages avec une interview de 45 minutes d’I. Delannoy pour aller plus loin.

Olivia, publié le 09 mai 2018

8 avril 2018
de Olivia
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Un regard émouvant sur la ZAD de Notre Dame des Landes

Bonjour,

Je vous invite à regarder un petit film de moins de 5mm sur la ZAD, vu de l’intérieur et qui diffère sensiblement (c’est un euphémisme) du regard porté par les médias en général :

https://reporterre.net/VIDEO-La-Zad-racontee-par-celles-et-ceux-qui-y-vivent

Il y a un rendez-vous dimanche 15 avril 2018, 15h, le long du chemin de Suez à tous les curieux ou personnes désireuses de préserver les lieux.

Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer,  une pétition en ligne dénonce les agissements du gouvernement.

Plus d’infos sur  M. Mondialisation et Reporterre

3 août 2017
de Olivia
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Réveillons-Nous !

Bon, je ne serais pas restée silencieuse bien longtemps mais aujourd’hui est un jour spécial et la plume (non, le clavier) me démange.

Citoyennes et citoyens, habitant.es de la planète Terre, RÉVEILLONS-NOUS !!

Il ne s’agirait plus de s’indigner, de résister ou même de se révolter, Lire la suite →

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