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Un regard écologique du voyage

Free and Real, en famille dans un lieu écologique alternatif en Grèce

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Nous avons atterri à Athènes depuis New Delhi fin avril et sommes restés quelques jours dans la capitale. Nous sommes ensuite partis en bus pour un lieu « alternatif » nommé Free and Real dans la belle île d’Evia. Le bus nous dépose dans le village d’Agios; depuis que nous sommes arrivés en Grèce, nous ne nous lassons pas du plaisir de retrouver des trottoirs, des rues propres, le ciel bleu et un trafic apaisé. On se dit que même si on a beaucoup aimé tous ces mois passés en Asie, l’Europe est belle et reposante.

Nous arrivons à la base de F&R, située juste à la sortie du village. Il y a là quelques baraquements avec l’eau courante (et l’eau chaude), la wi-fi et une salle de vie avec cuisine attenante où l’on mange le repas partagé en fin d’après-midi.

La période est calme, entre deux « workshop » (atelier) et nous faisons la connaissance d’Apostolos un des initiateurs du projet et seul permanent depuis l’origine, Anastasia qui vit ici depuis 2 ans, S. permanent également depuis un an ainsi que L., un Allemand ayant séjourné à Free&Real à plusieurs reprises et qui devrait venir s’installer définitivement sur l’île prochainement. A. est un Français venu passer un mois après être resté 3 mois dans une communauté à New York.

Il y a deux autres permanentes mais elles sont absentes pour le moment. Durant nos 10 jours passés ici, nous verrons également arriver une Allemande, une Danoise, un Français et un autre Danois. Et pour le prochain « workshop » des 12, 13 et 14 mai sont attendus près de 40 personnes.

Le soir, on nous amène au « camp », l’endroit où les permanents et visiteurs de passage comme nous, dorment. Il y a là 3 yourtes comportant des lits superposés en dortoirs, une jolie maisonnette avec une cuisine en rez-de-chaussée (fabriquée en « cob », un mélange d’eau, d’argile et de paille) et deux niveaux en bois pour dormir ainsi qu’une petite « cabane » avec l’espace d’un seul lit.

On nous laisse occuper une belle yourte comportant 12 places, vraiment bien aménagée, il y a des draps,  un rideau permettant d’isoler chaque lit et même une petite lumière par couchage : le luxe !

Le site est très beau, au milieu d’oliviers magnifiques, plusieurs fois centenaires et à deux pas de la mer.

Une partie du terrain est cultivée en permaculture, ou en agriculture naturelle. Mais en ce mois de mai 2017 ne pousse pas grand-chose. On a l’impression que l’agriculture est un peu laissée de côté, cela doit dépendre des personnes qui sont là en ce moment et de leur motivation. Peut-être que l’été apportera de nouvelles récoltes…

Toute l’alimentation électrique du camp provient des panneaux photo-voltaïques. Il y a également plusieurs points d’eau et des toilettes sèches (servant à la fabrication de compost).

Quelques jours après notre arrivée, Apostolos nous amène voir le site de « Telaithrion » (du nom de la montagne où il se situe) : le 3ème lieu du projet, celui qui devrait être définitif. C’est un bout de colline, qui ressemblait initialement à ça (observez la nature du sol avant/après) :

et où ont été plantés des centaines d’arbres (la plupart des arbres fruitier) et construite une structure en dôme assez imposante, d’où la vue est époustouflante (et où se passent la plupart des workshop)

Un petit lac bassin est en cours de construction; l’eau est abondante car elle provient de la source qui alimente le village ; elle est tout près. Mais elle ne sert pas à arroser les arbres qui, pour ceux qui ne meurent pas les premières années, seront plus résistants au manque d’eau.

Le lieu est incroyable, situé entre mer et montagnes (on peut en voir au loin avec de la neige, en ce début de mois de mai) ; cela m’a fait penser à ce que disait Pierre Rabhi quand il a choisi de s’installer dans un coin paumé des Cévennes dans les années 70 « nous nous sommes installés là, parce que la beauté était présente, tout simplement » (et je vous invite d’ailleurs à (re)écouter sa conférence TEDx en 2011, qui fait assez écho au projet Telaithrion je trouve);

Ici ont lieu un festival annuel accueillant plus de deux cents personnes qui campent sur place (durant lequel sont installés des douches, toilettes et une cuisine provisoires, un peu à la façon des rencontres annuelles de Silence en France)  ainsi que des « workshop » réguliers tout au long de l’année autour du yoga, de la permaculture, des énergies renouvelables, etc.

Le projet Free&Real semble surtout porté par Apostolos, et les permanents du projet, mais aussi par de nombreux « sympathisants » (la plupart vivant à Athènes) qui viennent donner un coup de main ponctuel ou par période, animer des « workshop« , aider à la construction, aux plantations, etc.

Pour notre part, la période semble plutôt calme, on nous fait assez vite comprendre qu’il n’y a pas vraiment besoin d’aide, que chacun/e vaque à ses occupations et fait « ce qu’il/elle veut ». Une petite contribution (10 euros/personne et par jour (sans compter les deux filles qui n’ont rien payé)) nous a été demandée pour couvrir les frais de repas et de logement.

Cela nous convient plutôt bien, nous passerons donc notre séjour à nous reposer, faire de l’école avec les enfants, aller à la mer et nous promener dans les environs : c’est vraiment la slowlife, nous avons l’impression d’être en vacances (au milieu du voyage) ! Notre seule contribution sera de faire la vaisselle régulièrement.

Vers 18h est servi un (délicieux) repas végétalien (c’est à dire sans viande ni poisson, ni produits animaux comme le lait ou les œufs) préparé par L. qui est par ailleurs cuisinier dans un resto allemand.

Le matin, nous passons souvent un petit moment à discuter avec lui. Il nous dit qu’il aime bien cette façon de vivre où chacun/e fait ce qu’il a à faire. Ici, il n’y a pas d’obligations, pas de pression, et le projet avance à son rythme. Il a décidé de venir s’y installer de manière permanente : il va quitter son travail en Allemagne pour construire son lieu de vie sur un bout de terrain qu’il a acheté avec l’aide d’Apostolos.

Free&Real est un projet qui a maintenant 8 ans et qui trouve son origine dans la crise grecque de 2008. Plusieurs jeunes Athéniens, dont Apostolos, ont décidé de quitter la capitale pour construire un lieu alternatif, soutenable, et sans attendre de l’aide du gouvernement. Dans l’île, plusieurs autres projets alternatifs se sont mis en place et ils commencent à se connecter ensemble pour s’entraider et partager.

Un lieu vraiment intéressant, où nous nous sommes sentis bien durant nos quelques 8 jours passés ici.

Olivia, publié le 23 mai 2017 depuis Tirana, Albanie

Pour plus d’informations sur Free&Real, leur site est là : http://en.freeandreal.org/

Et quelques articles en français :

http://www.lesinrocks.com/2016/02/14/actualite/en-autarcie-sur-une-ile-grecque-11805567/

https://encheminverslaterre.wordpress.com/2014/08/08/free-and-real-lexperimentation-de-lautonomie/

http://www.tdg.ch/monde/Tout-plaquer-et-vivre-sur-une-ile-c-est-possible/story/16641009

Et quelques autres alternatives en Grèce :

https://reporterre.net/En-Grece-une-experience-autogeree

https://reporterre.net/En-Grece-on-transforme-un-camp-militaire-en-potager-collectif

https://reporterre.net/En-Grece-des-jeunes-inventent-leur-mode-de-vie

 

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