Un chemin en terre, Un chemin en tête

Un regard écologique du voyage

Deux rencontres et lieux inattendus, en lien avec la nature, Thaïlande (Isan)

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Nous étions à peine arrivés de l’autre côté de la frontière laotienne, dans la petite ville de Khong Chiam et j’appréciais le fait d’être dans une région beaucoup moins touristique. Une sorte de légèreté de nous retrouver loin des « charters de touristes » rencontrés si souvent au Laos, et il faut bien le dire, dans beaucoup des pays asiatiques où nous sommes allés depuis le début du voyage.

Bref, nous nous baladions dans les rues de Khong Chiam, ce soir du 5 janvier 2017, à la recherche d’un restaurant, lorsqu’un homme d’une cinquantaine d’années nous accoste, depuis la terrasse de café où il est en train de boire un verre avec ses amis. Il nous propose de les rejoindre et de venir écouter un musicien en train de jouer des instruments traditionnels de l’Isan (cette région de la Thaïlande, située à l’Est du côté du Laos).

Nous n’hésitons pas longtemps, l’homme nous apparait immédiatement sympathique, même si les enfants ont faim et vraisemblablement le lieu ressemble davantage à un café qu’à un restaurant. L’homme affable se fait appeler « Song » et nous aborde dans un anglais basique. Après quelques morceaux de musique et avoir fait un peu connaissance, il nous invite à sa « mini-party » qui aura lieu le sur-lendemain, près d’Ubon, la ville principale du coin située à une cinquantaine de kilomètres de là.

Samedi matin arrive, et après avoir hésité un peu (nous allons débarquer chez quelqu’un avec qui nous avons discuté pendant une heure seulement) nous arrivons à Ubon, prenons un autre bus pour Det-Udom et appelons notre hôte qui vient nous chercher en 4*4, avec un ami Finlandais. Ce dernier vit en Thaïlande depuis 20 ans, avec sa femme Thaïlandaise et leur petit garçon de un an; il tient un magasin de musique à Ubon. Ce sera le seul occidental que nous verrons à la « mini party ».

Nous voilà donc, dans le pick-up, nous demandant un peu dans quel d’endroit nous allons débarquer.

Après quelques kilomètres, nous arrivons au milieu de nulle part, dans un lieu atypique avec une quinzaine de cabanes en bois, chacune spécifique, un peu de bric et de broc, une décoration « vintage » (comme dit Song). Il nous dit qu’il a commencé à construire ce lieu, seul, sur une terre familiale il y a 15 ans. Il n’y vit pas, mais c’est un peu ici sa maison de campagne, dans laquelle il aime venir souvent et inviter ses proches.

Le lieu rassemble de nombreuses orchidées sauvages. Il y a même ici un spécimen de la plus grande orchidée du monde, Grammatophyllum speciosum :

Nous somme chaleureusement accueillis, des plats et verres nous sont rapidement servis; un bien bel accueil !

Keran sympathise vite avec un garçon de son âge

La soirée démarre vers 16h et se poursuivra (pour les plus résistants, mais pas nous, couchés vers 22h) jusqu’à 4h du matin, dans une atmosphère très bon enfant. Song et ses amis, viennent chanter à tour de rôle, façon karaoké, en buvant et mangeant autour d’une scène aménagée avec des ballots de paille.

Song a composé une chanson pour son roi (Bhumibol, mort il y a trois mois, ce qui a plongé tout le pays dans un deuil profond); tout le monde se lève pendant le chant.

Une « cabane » nous est attribuée, dans laquelle nous passerons la nuit :

Le lendemain, je suis surprise de voir les gens, un lendemain de fête : ils ont l’air presque frais et dispos ! Quelle forme…

Ici, petit-déjeuner, Song au centre en train de lever le pouce et son ami Aye, à gauche sur la photo

Un ami de Song, garagiste à Ubon, « Aye », nous propose de nous déposer dans un hôtel tout près de chez lui. L’après-midi il nous amène dans un « club hippique », où ses enfants font du poney. L’endroit me semble tout de suite bien particulier. Les filles font un tour à poney, puis nous allons boire un verre chez le propriétaire des lieux : un jeune homme d’environ 35 ans.

Je l’interroge sur ce lieu qui semble avoir été « pensé ». Et effectivement, le propriétaire me dit qu’il a construit cet endroit depuis 5 ans mais que cela faisait 10 ans qu’il y réfléchissait, sur une terre familiale où était cultivé le riz. Il est botaniste de formation mais n’a pas trouvé de travail dans ce domaine. Il a travaillé plusieurs années dans un resort écologique au Laos puis est rentré au pays.

Son domaine se veut être la reconstitution de la forêt tropicale, il est traversé par une « rivière » qu’il a fait creuser. Il voulait des animaux, en particulier pour l’engrais naturel et a choisi des poneys. Tout est interconnecté et pensé, même s’il ne parle jamais de « permaculture ». Sa maison a été construite traditionnellement avec le choix d’une grande pièce de vie extérieure (la terrasse) et de petites chambres intérieures.

Décidément, la Thaïlande (littéralement, le « pays des humains libres ») porte bien son nom.

Olivia, le 22 janvier 2017, publié depuis Khon Kaen, Thaïlande, Isan

Voir aussi mon article du 19 décembre 2016, sur la ferme en permaculture Sahainan, dans le nord de la Thaïlande ICI

2 Commentaires

  1. Bonjour la famille, l aventure continue je constate que la Thaïlande vous plaît énormément, je ne suis pas du tout étonné même si nous, nous avons fait la Thaïlande plutot de manière plus classique (tourisme de base) mais les thaïlandais restent égaux à eux même souriants, avenants, d une gentillesse et d une philosophie de vie que j ai rarement vu. J ai comme une impression que les enfants sont bien imprégnés de ce voyage et que ça fait partie de leurs vie. Je vs souhaite de continuer à faire de belles rencontres et amenez nous des modes de vies que l on pourrait adapter chez nous. Bises la famille à très bientôt.

    • Bonjour Moussa,
      Merci pour ton message, effectivement, nous aimons beaucoup la Thaïlande ! C’est vraiment un pays facile pour les voyageurs, avec des habitants chaleureux et souriants.
      Pas plus tard que tout à l’heure, un Thaïlandais nous aborde pour nous demander d’où nous venons puis nous dit à la suite : « Welcome to Thailand ! ».
      Et il est vrai que les enfants semblent vraiment bien et heureux eux aussi, dans le voyage.
      Je vais essayer de rapporter des expériences intéressantes et inspirantes de l’Asie. En attendant, on peut aussi découvrir de nombreuses alternatives décrites dans le livre passionnant de Bénédicte Manier qui vient d’être réédité et que je recommande : « Un million de révolutions tranquilles ».
      http://www.babelio.com/livres/Manier-Un-million-de-revolutions-tranquilles/431958

      Des bises, Olivia

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